Grands projets

Etat des lieux

La commune de Macouria est frontalière de Cayenne, Matoury (vers le nord-est), Montsinéry-Tonnégrande (vers le sud) et Kourou (vers l’ouest) et s’étire sur 42 km.

Macouria compte, au 1 janvier 2012, 9 096 habitants selon le dernier recensement de l’INSEE. Ainsi, la commune connaît une explosion démographique, comme l’illustre le tableau ci-dessous.

Tableau comparatif sur la croissance démographique (nbre. d’habitant)

Année 1990 1999 2004 2009 2012
Guyane 114 678 157 273 205 954 224 469
Macouria 2 069 5 050 6 363 7 892 9 096

Source : Données INSEE.

Cette explosion démographique que connaît la commune s’inscrit dans un processus global d’urbanisation des espaces périphériques de l’Ile de Cayenne en raison de la rareté du foncier disponible et viabilisable.

A l’horizon de l’année 2020, Macouria comptera plus de 15 000 habitants supplémentaires. Les principaux bailleurs sociaux présents en Guyane (SIGUY, SA HLM, SEMSAMAR, SIMKO) auront construit 729 logements dans le secteur de Sainte Agathe du bourg de Tonate. Pour leur part, la SEMSAMAR et la SIGUY mettront respectivement à la disposition de la population 500 et 49 logements. Ainsi, Tonate accueillera près de 3500 nouveaux habitants dans les cinq ans à venir, générant des besoins en équipements et infrastructures publiques.

Le quartier Soula I et II est le pôle le plus important ; celui-ci se verra renforcé par la zone d’aménagement concerté (ZAC) qui disposera d’un parc de 2500 logements, des équipements publics et commerciaux d’ici 2013. Ce nouveau quartier va engendrer des coûts supplémentaires d’entretien à l’issue de la rétrocession des VRD et divers équipements publics (écoles, plateaux multisports, bibliothèques,…).

Le bourg et le secteur de Soula ne sont pas les seules parties du territoire à connaître un développement urbain. Le territoire communal s’organise autour de 6 pôles répartis le long de la RN1 et du RD5.

Tableau de répartition des principales zones d’habitat :

Pôles urbains Positionnement géographique Positionnement kilométrique Nombre d’habitants
Concaribo – Césarée – Matiti – Guatemala Extrémité ouest PR 34 / PR 44
RN1
832
Bourg de Tonate – Préfontaine Centre PR 26 RN1
CD5
2 360
Carapa –RN1 – CD5 Est PR 19 RN1 1 900
Maillard – village amérindien Est PR 21 RN1 2 100
Soula I et II Nord est PR 15-16 RN1 3 100
Sablance Nord est PR 16 RN1 2 500

Source :Estimation communale.

Parallèlement aux projets des bailleurs sociaux, la commune connaît une augmentation exponentielle des demandes de permis de construire et de lotir de la part des sociétés immobilières privées et des particuliers souhaitant investir sur notre territoire.

Cette croissance constitue pour notre municipalité une opportunité d’élargir l’assiette fiscale. Toutefois, elle est actuellement insuffisante pour mener nos différentes missions de service public et grève notre capacité d’investissement. En effet l’assiette fiscale est répartie de la manière suivante :

Taxe d’habitation : 1653 foyers
Taxe foncière : 1136 foyers

Prospectives

Depuis 2006/2007, la municipalité a entrepris une dynamique de rattrapage en infrastructures dans divers secteurs, dans un souci de cohésion et de mixité sociale.

L’habitat

Pour répondre à la demande criante de logement sur toute l’île de Cayenne, deux opérations d’aménagement d’envergure seront menées à Soula et au Bourg de Tonate (Sainte Agathe) (cf. infra). La commune a réceptionné depuis le début de l’année 2008 près de 800 demandes de logement.

L’aménagement de la zone de Sainte Agathe et la ZAC de Soula demeurent les plus grandes opérations qui vont impulser d’autres projets parallèles orientés sur les logements locatifs intermédiaires et l’accession à la propriété.

Les infrastructures routières : renforcement, réhabilitation du réseau viaire et maillage du territoire

La remise à niveau des voiries communales va de pair avec les aménagements urbains et les installations agricoles auxquels la commune participe. L’amélioration des dessertes et du maillage inter quartier doit être privilégiée.

1. Liaison des quartiers Soula 1 et 2, Maillage Maillard – Carapa et Tonate-Préfontaine

C’est pourquoi, comme cela a été déjà retranscrit dans le projet d’aménagement et de développement durable communal, un maillage entre les pôles urbains est nécessaire afin, d’une part, d’améliorer la desserte intra-communale et, d’autre part, d’éviter une croissance des flux de circulation sur la RN1 et des risques d’accidents. Les propriétaires des terrains adjacents en tireront un grand avantage puisque cela mettra fin au gel de leur foncier inconstructible pour la plupart en raison de la réglementation stricte des accès sur la RN1, permettant ainsi le désenclavement de certaines zones. Ce projet présente des avantages en termes de sécurité routière et d’organisation des flux de circulation. Par ailleurs, il permettra la mise en place à moyen long terme d’un réseau de transport public intra-urbain.

Deux maillages sont donc envisagés :

celui des quartiers Maillard-Carapa, dont l’idée a été développée dans le projet d‘aménagement de la zone d’activités économiques de Maillard dont la problématique d’accès doit être étudiée ; celui des quartiers Préfontaine-CD5 et Tonate qui s’inscrit dans la projection d’un développement du sud du bourg de Macouria.

2. Réfection du chemin de la Carapa – section 2

La voie devant faire l’objet d’une réfection a été construite à l’époque de l’installation des Réunionnais, en 1976 par le BUMIDOM, afin d’assurer la desserte des exploitations agricoles créées. Le revêtement a ensuite été effectué sous la maîtrise d’ouvrage du Conseil Général, pour permettre à la laiterie et aux résidants de disposer d’un accès routier plus carrossable. Cette voie a été réalisée sur des parcelles de propriétaires privées et de l’A.N.T. (agence nationale pour la promotion des travailleurs d’Outre-Mer) qui revêt le statut d’un établissement public de l’Etat.

Cette voie et ses « bretelles » sont situées à la limite des communes de Macouria et de Montsinéry-Tonnégrande. Elles ont été l’objet de travaux d’aménagement menés de façon irrégulière et se sont peu à peu dégradées du fait de l’augmentation du flux des véhicules en raison de l’essor démographique du secteur.

La manifestation des usagers au cours des mois de janvier et février 2006 a fait ressortir la question de la domanialité de cette voie et de la prise en charge de sa réfection.

Les discussions menées avec les différents services déconcentrés de l’Etat, les Maires des communes de Macouria et de Montsinéry-Tonnégrande, le Président du Conseil Général et les riverains ont abouti à la signature d’un protocole d’accord le 1er février 2006, lequel déterminait les différentes actions à mener en vue de parvenir à une réfection de l’ensemble des voies de la zone.

Dans un premier temps, l’assiette foncière devait être régularisée par des négociations avec les propriétaires privés et l’ANT afin que l’emprise des voies intègre le domaine public des collectivités.

La tranche 1 des travaux de réfection d’un montant de 1 220 186 € (dont 13% à la charge de la commune) a été réceptionnée le 8 novembre 2008. Le financement des travaux de la tranche 2  (3,300 km) évaluée à 534 446 € ne peut être finalisé car les fonds sur le PO 2007-2013 ne prévoient pas le financement des équipements routiers. La municipalité et le Conseil Général ne peuvent seuls assurer le financement d’un axe de transport primordial pour les agriculteurs et les agro-industriels de la zone. Un soutien financier de l’Etat permettrait une amélioration des conditions de desserte nécessaire au développement de cette zone agricole importante pour l’activité économique de la commune.

3. Réfection du chemin de la Césarée

La piste de la Césarée, initialement réalisée en latérite, a fait l’objet d’une réhabilitation lourde en bicouche entre 1999 et 2000, financée à hauteur de 20 % par la collectivité.

Depuis, cette piste s’est fortement dégradée si bien que la circulation des transporteurs scolaires et des usagers est périodiquement entravée, ce qui nécessite des interventions ponctuelles des services techniques municipaux pour faciliter la circulation.

Cette piste dessert les plus grandes exploitations agricoles du département, parmi lesquelles les premiers producteurs de bovins du département.

Les nombreuses excavations recensées qui entravent la circulation des véhicules ont conduit la commune à proposer à l’Etat d’engager des travaux d’urgence afin de ne pas pénaliser l’activité économique ainsi que l’organisation des transports scolaires.

Il est certain que ces travaux n’auraient pas suffi à rendre la route pleinement praticable. Aussi, les services de l’Etat ont-ils été sollicités en 2006 ainsi que le Préfet pour mener une opération de réfection lourde de cette voie qui relève toujours du domaine privé de l’Etat.

La proposition de réaliser des travaux d’entretien évalués à 45 850,00 €, bien qu’étant financés à 100 % était cependant conditionnée à un engagement formel de la commune à classer la voie dans son patrimoine.

La commune a alors pris la sage décision de ne pas donner suite à cette proposition craignant qu’aucune suite ne soit réservée au projet de réfection lourde de la piste.

En effet, la mauvaise qualité de la piste a été implicitement reconnue puisque la Direction de l’Agriculture et de la Forêt avait prévu un possible financement de la réfection lourde sur le prochain contrat de plan 2007/2013.

Aujourd’hui, nous observons qu’aucune ligne de crédit n’est envisagée pour la réfection des voiries rurales.

La réfection de la piste de Césarée pose donc la problématique des voies domaniales du domaine privé de l’Etat qui desservent des concessions agricoles attribuées par les services déconcentrés de manière aléatoire et sans avoir prévu les voiries et réseaux divers (eau, électricité, téléphone) pour lesquelles les collectivités locales sont conduites, pour la sécurité de leurs administrés, à supporter les charges d’entretien.

La piste de la Césarée, qui n’a fait l’objet d’aucune mesure de classement, en est l’une des illustrations.

Devant les revendications régulières des résidants, la commune a fait procéder à une évaluation des travaux de réfection lourde, pour un revêtement en enrobé, solution plus appropriée au climat équatorial de la Guyane qui tend à dégrader les routes.

4. Réfection du chemin de la Bordelaise 2

Il s’agit d’une zone agricole établie à l’époque du plan vert de 1975. Aujourd’hui, on  y dénombre une vingtaine de parcelles desservies par une piste latéritique en très mauvais état. Les travaux ont été estimés pour un linéaire de 1,450 km.

Les équipements publics

1. Les installations sportives

La municipalité souhaite mettre en œuvre une politique sportive d’envergure afin d’apporter à la population macourienne un cadre d’échanges et des supports d’animations nécessaires à la vie de quartier. Cela nécessite un programme de remise à niveau des installations existantes et une planification des créations de structures sportives sur tout le territoire communal. Il est projeté une salle à caractère intercommunal d’arts martiaux, un centre de natation, des plateaux multisports à raison d’un par quartier, des aires sportives engazonnées. Les clubs des disciplines sportives déjà enseignées – le handball, le football, le tennis et le basket-ball – pourraient voir étendre leur potentiel d’adhérents.

2. Les équipements scolaires

La construction des logements génère indubitablement des besoins en équipements scolaires. A cet effet, la municipalité a planifié  des constructions des établissements scolaires et, prévoit la création d’un groupe de 16 classes à Sainte Agathe pour 2013, deux groupes scolaires à Soula pour 2014 et  un collège de 600 places à Soula pour la rentrée 2012.

Ce programme bénéficie d’une enveloppe sur le programme opérationnel 2007/2013.

3. Les structures  sociales

Il n’existe pas au sein de la collectivité de relais proprement dit de service social ni de caisse d’action sociale. Les problèmes d’impayés des services de transports scolaires, de cantine scolaire et de loyers en forte croissance ces dernières années impliqueront nécessairement la mise en place d’un tel service. Actuellement, Macouria compte de nombreux allocataires de RMI et de la CAF.

Les actions de lutte contre l’illettrisme et de formation au retour à l’emploi sont de plus en plus fréquentes. De même, les permanences des organismes sociaux (CAF, CGSS, ADI) se développent à Soula et au Bourg. Les locaux actuellement mis à  leur disposition par la commune ne sont pas adaptés.

L’idée d’une maison de services publics parait une réponse adéquate car la croissance démographique que connaît et connaîtra Macouria conduit au développement de services-relais qui pourraient se traduire par l’édification d’une maison de services publics. Les organismes ou entreprises de services publics gagneraient car les moyens logistiques y seraient mutualisés.

Par ailleurs, l’arrivée de nouvelles familles générera également des besoins en équipements pour la petite enfance. La collectivité a amorcé avec la caisse d’allocations familiales des séances de travail pour l’élaboration d’un schéma d’aménagement des équipements de la petite enfance. Les orientations et les implantations des structures seront fonction de la stratification de la population et des besoins recensés.

La commune s’orientera vraisemblablement vers de petites structures de proximité comme les micro-crèches, les crèches parentales et les haltes-garderies.

4. Les équipements culturels

Le tissu associatif reste clairsemé et dissolu. D’une part, les associations culturelles et sportives restent peu nombreuses sur le territoire de Macouria bien que ces dernières années, il est observé un sursaut d’initiatives. D’autre part, la mise en œuvre du contrat éducatif local a été à l’origine balbutiante tant le relais associatif était pauvre.

Les activités extrascolaires étaient pour la plupart assurées soit par les agents municipaux pendant la pause méridienne soit par des structures associatives externes à la commune.

Aujourd’hui, le tissu associatif tend à se développer avec l’apport de nouveaux résidants. En deux ans, quatre associations se sont créées : deux associations folkloriques « Tcho pagra » et « sans pieds », une association de broderie « travaux d’aiguille », une association de karaté «shotokan » et l’ASAM.

Il n’existe pour l’heure aucune structure adaptée pour leurs répétitions  ou entraînements et elles sont pour le moment orientées vers les établissements scolaires, d’où la volonté de la commune de mener les projets de maisons de quartier.

L’installation de la Compagnie Théâtrale Guyanaise depuis 2006 sur le territoire de Macouria a impulsé une dynamique culturelle, notamment avec le développement de l’art théâtral dans les écoles et la mise en place de manifestations sous la forme d’un concept « les jeudis du théâtre ». Ils sont organisés hebdomadairement à la salle des fêtes communale. Cette première salle conventionnée de Guyane est progressivement devenue un lieu d’expression artistique pour toutes les compagnies théâtrales du département et même de l’extérieur, pour les musiciens professionnels ou amateurs et les compagnies de danse.

Ce concept connaît une fréquentation d’une centaine de spectateurs par semaine et bénéficie d’une renommée non contestable aujourd’hui favorisée en partie par l’absence de structures accessibles d’un point de vue pécuniaire et technique et formalisée par la signature de la convention de résidence en partenariat avec la DRAC.

Pour anticiper les besoins générés par l’émergence des nouveaux quartiers et résidences à Soula, à Tonate et participer à leur animation, la commune envisage la construction de plusieurs maisons de quartiers d’une superficie moyenne de 150 m² dont l’architecture évolutive devrait être sensiblement la même. Huit maisons de quartiers devraient émerger soit un ratio de 1 pour 1500 habitants. Parallèlement, une médiathèque sera initiée.

5. Le développement économique

L’expansion d’une commune ne peut être pleinement finalisée si le volet économique n’est pas pris en considération. La municipalité est porteuse de projets  qui favoisera l’essor économique de son territoire et de permettre à ses administrés de s’insérer dans la vie active.

C’est ainsi que depuis 2005 la commune sollicite tous les partenaires financiers afin d’apporter leur concours au projet d’aménagement de la zone d’activités économiques à Maillard dont la localisation a été longuement réfléchie. Ce projet prévoit d’offrir des activités secondaires et tertiaires aux futurs résidants des pôles urbains de Soula, Carapa, Maillard et autres.

Pour l’heure, le projet rencontre des blocages administratifs et financiers inexpliqués qui ont conduit la collectivité à remanier son projet en juin 2008 et envisager dans un premier temps une tranche opérationnelle.

Cette première tranche devrait conduire à la création de 40 entreprises, soit l’équivalent de 160 emplois et conforter ainsi le tissu économique Macourien qui demeure pour le moment restreint.

Des nombreuses entreprises industrielles et artisanales souhaitent pouvoir s’installer sur le territoire de Macouria mais la disponibilité en foncier aménageable demeure rare. Le projet de la ZAE de Maillard répond aux besoins des entreprises guyanaises. Ainsi, La municipalité est prête à offrir une plate-forme de 25 hectares.

Tels sont les projets de la municipalité qui méritent une attention particulière.