le 19 avril 2018

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Communiqué de presse

Anaconda ? Iguane ? Termites ? Qui a osé s’en prendre à la ligne d’évacuation de l’énergie du barrage de Petit Saut ?

Encore une fois on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer quand, une fois de plus, la majeure partie de la Guyane est plongée dans le silence.
Comment en 2018 pouvons-nous, dans un pays comme la France, nous retrouver pendant près de 3 heures sans aucune énergie ?
Oui je le précise clairement, comment une région française peut-elle se retrouver dans une telle situation ? Cela fait des années que nous savons que nous sommes comme un trapéziste sans filet avec l’énergie dans notre région.
Quand un animal aussi dangereux qu’une bande de termites affamés ou un horrible iguane aux dents acérées peut mettre en péril l’activité de milliers de personnes on peut s’inquiéter.
Je ne doute pas un seul instant de la volonté des équipes d’EDF de faire un travail sérieux et d’avoir à coeur d’être au service de la population mais je m’interroge sur la volonté des plus hautes instances de notre pays de traiter la Guyane, au minimum, en tant que, a minima, une région comme les autres.
Imaginez un instant que la Bretagne ou l’Alsace ait été plongée dans l’obscurité toute une soirée ? Tous les journaux télévisés nationaux auraient ouvert sur l’événement, des ministres seraient intervenus, une communication aurait été faite en conseil des ministres, les députés en auraient discourus à l’assemblée alors que là…
Encore une fois des ordinateurs, des réfrigérateurs, des téléviseurs ne redémarrerons pas et, encore une fois, on nous parlera de force majeure, d’incident indépendant de la volonté de…
A un moment où nous sommes tous dans un travail sur l’avenir de la Guyane nous devons avoir conscience des enjeux liés à l’énergie et à l’importance, encore une fois, d’avoir une vision prospective qui aille au-delà du très court terme.
Je ne pourrai jamais me satisfaire d’un sentiment d’être considéré comme un citoyen de seconde zone simplement parce que la Guyane est loin de Paris et de notre trop fameux « centralisme jacobin » issu d’une révolution bien lointaine.

« Loin des yeux, loin du coeur » ? Faudra-t-il encore une fois que ce soit la rue, et donc les citoyens, qui fassent réagir notre gouvernement ?
Je sais que tous les élus de Guyane, députés, sénateurs, CTG, communautés d’agglomérations et maires, font un réel travail pour faire changer les choses. C’est à nous de poursuivre notre action pour faire passer les messages envoyés par 250.000 guyanais qui ne demandent à être considérés que comme 66 millions de français.
J’attends maintenant que l’opérateur national, fournisseur quasi exclusif en Guyane, puisse prendre les mesures idoines pour assurer une fourniture normale et décente d’électricité sur l’ensemble du territoire.
Il est impératif que l’ensemble de la population soit informé en toute transparence sur un calendrier précis des évolutions de la production et de la distribution d’énergie en Guyane.
Par ailleurs des mesures doivent être prises pour que des procédures d’indemnisation soient proposées afin d’aider les plus démunis à remplacer leurs matériels endommagés par ces coupures à répétition.
Je proposerai donc dans les prochains jours que l’association des maires de Guyane puisse rencontrer la direction d’EDF afin de mettre en place une communication qui puisse être relayée par tous les élus vis-à-vis de l’ensemble de la population.

Gilles Adelson
Maire de Macouria
2ème Vice-Président de la CACL

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