Histoire de Macouria

Macouria du 17ème au 19ème siècle

L’histoire de Macouria commence depuis la première expédition de Daniel de La Touche de La Ravardière en 1604. A cette époque elle comptait de nombreux peuplements d’indiens.

Les premiers jésuites arrivent en Guyane aux alentours de 1709, notamment avec le père Lombard et le père Ramette. Tous deux évangélisent les amérindiens et les baptisent. Vers 1710 ils construisent la paroisse de St Joseph à la pointe Liberté pour y continuer leur travail d’évangélisation. C’est ainsi qu’à travers leurs cultures prospères et abondantes de café, de cacao et de roucou, ils furent les premiers à développer le quartier de Macouria.

Mais Macouria prendra un essor important grâce à Rémy Guillouet D’Orvilliers qui fait une propagande dans toute la colonie pour installer des ménageries. Cet essor continuera à s’accroître des années 1800 jusqu’à aujourd’hui avec l’influence des colonIMG_Ancienne_Eglises et autres personnages importants de la Guyane.

Sur un plan institutionnel la Guyane est divisée en autant de quartiers qu’il y a de paroisses, c’est ainsi que Macouria prendra son nom. De ce fait avec l’organisation municipale réglée par le décret colonial du 30 juin 1835 modifié par un arrêté local du 2 août 1848, Macouria est dirigé par un Commissaire-Commandant (le maire) et son Lieutenant-Commandant (l’adjoint au maire).

L’église de Macouria était située sur le morne Macouria à 17Km de la pointe Liberté. Elle a été transférée sur l’habitation de M. Tonate par le Père Bonis, au moment où les travaux de construction de la route transféraient le Bourg sur l’habitation de M. Tonate à partir de 1939.

 

 

Geographie

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Macouria est circonscrite par la rivière de Cayenne, franchie aujourd’hui par le pont du Larivot, et la rivière de Montsinéry. Au sud, elle touche la commune de Montsinéry ; au nord-ouest, le territoire de la commune de Kourou, qui commence à la pointe du Trésor.

La pointe Liberté anciennement appelée Pointe Monsigot, marquait le point de départ vers Macouria et Kourou. Une chaloupe assurait le transport fluvial, puis vint le bac au moment où la route coloniale n°1 fut achevée. On trouve encore les vestiges de la maison du surveillant de la pointe.

Le pont qui relie Cayenne à Macouria date de 1976 et a entraîné une forte croissance pour la commune avec la création de nombreux nouveaux quartiers.

La commune doit son nom à la crique Macouria, mais l’agglomération, chef-lieu de la commune, s’appelle Tonate, du nom d’un colon, Jean-Baptiste TONAT (1775-1837), exploitant cotonnier sur le site actuel du bourg. Cette agglomération est d’ailleurs tout à fait modeste : en 1974, elle ne comptait qu’une centaine d’habitants.

Aujourd’hui ce territoire s’étend sur plusieurs zones réparties en « quartiers » ; Soula 1, Soula 2, Maillard, Carapa, Préfontaine, Tonate, Césarée et Matiti. La population en constante progression est estimée aujourd’hui à 10 761 habitants (données INSEE 2013).

 

IMG_Pointe_liberte.

Habitations

L’activité agricole de Macouria, qui date de l’époque coloniale reste toujours très dynamique. Quant à son patrimoine, il résume la découverte de certains sites passionnants comme « La béarnaise », la « Félicité » ou le « Courbary » qui nous dévoilent peu à peu le rôle important qu’a joué Macouria pour la Guyane.

Habitation de Guatemala

  • 1709 le père Lombard arrive en Guyane. Il implante une mission sur la rivière d’Irakoua (Iracoubo), le camp est transféré sur la rive droite de l’embouchure du Kourou.
  • 1710 il explore le guatemela où il instruit les Kalina dans leur langue. 26 décembre 1710 il baptise 15 Kalina de la mission de Kourou à l’Èglise St Nicolas de Cayenne.
  • 1712 devant le succès de cette stratégie, il fait construire une église et met en valeur les terres de Guatemala avec la culture du cacao, du café, et du roucou. Cette habitation qui prend très vite de l’ampleur devient un petit bourg avec plus de 300 fidèles. Il éduque les enfants de l’habitation.
  • 1730 Guatemala devient une des plus grandes et des plus prospères ménageries de la colonie
  • 1748 le père Lombard décède près de sa mission
  • 1844 Un extrait de l’exposé général des résultats du patronage des colonies fait état de la célébration de la messe le dimanche qui est perpétré de génération en génération par les habitants de Guatemala.
  • Fin XIXeme après la construction de la route, un omnibus assurait le service des transport de Macouria à Guatemala

Habitation laarnaise

La Béarnaise est une propriété qui a été acheté par l’oncle de M. Jean-Baptiste TONAT (1775-1837) qui avait fait partie de l’expédition de Kourou.

  • M. TONAT Commissaire-Commandant du quartier de Cayenne hérite de cette propriété. Il épouse Marie-Victoire TALOIS le 13 août 1802 à Cayenne.
  • Il cultive le coton de Daka qui provient de l’Inde avec son associé Mr. Tournier un expert et ami du baron de Laussat en Louisiane.
  • Grâce à son moulin à hérisson pour égrener le coton il parvient à sortir un coton d’une blancheur extrême et propre.
  • Cette qualité nettement supérieure au coton du Sénégal le place en tête de la colonie. Et fut le 1er à exporter son coton.
  • 10 ans après sa mort en 1847 ses héritiers vendent l’habitation pour le gouvernement aux prix de 12,000frs. Elle sera destinée à la création d’établissements d’utilités publiques.
  • La Béarnaise devient alors le bourg de Mr Tonat puis le bourg de Tonate.
  • Sa tombe se trouve au cimetière de Cayenne

Habitation la Félicité

Cette habitation appartient à Mr. Jean Antoine Brûletout De Préfontaine arrivé en Guyane :

  • Vers 1740 où il devient officier de la milice coloniale.
  • 1748 il parvient à arrêter une des plus grandes bandes de nègres marrons qui semait la terreur sur les habitations de Macouria.
  • 1752 il est proposé comme aide-major pour le poste d’Oyapock
  • 1754 il fait preuve d’insubordination auprès de Saint Michel Dunezat lieutenant de roi. Mis aux arrêts sur son habitation il se consacre à l’agriculture en cultivant la canne à sucre et à la littérature en écrivant une « habitation rustique » qui trace la vie enthousiaste de la Guyane, publié en 1762 en France.
  • 1763 il dirige la mission de Kourou.

Habitation le Courbary

Cette habitation appartient à Mr. Jean Paillé sergent milice né en 1668.

  • 1704 il épouse Melle Suzanne Amomba une esclave qui devient libre par ce mariage.
  • Leur habitation est très prospère. Ils cultivent du cacao, de l’’indigo, du café, du roucou. Ils possèdent aussi des bovins, ovins et porcins.
  • 1737 Le bilan de l’’habitation s’’élève à 67 esclaves et une maison à cayenne.
  • 1739 Mr Paillé décède et laisse sa femme seule et sans héritiers.
  • 1742 tourmentée par les autorités coloniales de l’’époque, elle rédige un testament où elle scinde ses biens en 3 parts dont l’’une sera utilisée pour la construction d’’une paroisse à Macouria

 

Macouria, l’histoire remarquable d’un appontement pour hydravions

(…) En avril 1928, un avion atterrit à 8km de Cayenne, sur un terrain préparé à cet effet. L’équipage vient étudier la possibilité d’installer une base aérienne en Guyane. Une ligne est créée qui relie le Venezuela, la ville de Natal au Brésil, les Antilles, les Açores et la France.

De 1936 à 1943, une fois par semaine, les hydravions de la compagnie aérienne américaine Pan American Airways font étape en Guyane sur leur trajet vers l’Amérique du Sud. Les amerrissages se déroulent à l’embouchure de la rivière de Cayenne, au lieu-dit pointe Macouria.

Un appontement et une salle d’accueil sont construits pour les passagers. Long d’une cinquantaine de mètres, large de deux, un assemblage de pierres en est le dernier vestige qui se découvre encore aujourd’hui à marée basse.

 

L’avenir de la Commune

Il est certain que l’histoire de Macouria n’a pas fini de faire couler de l’encre, tant sur son passé que sur son devenir, car le dynamisme de sa population insufflé par son Maire Serge ADELSON conduit inexorablement la commune à être un pilier de « L’avenir de la Guyane ».

 

 

Les Maires de Macouria au 20ème siècle

Année des élections Nom du Maire
1914 M. Ulric PAILLE
1923 M. Lionel BACE
1929 M. Renotte ROBO
1935 M. Renotte ROBO
1941 M. Lucien BOUTIN
1947 M. Renotte ROBO
1959 M. Raphaël GALANT
1965 M. Raphaël GALANT
1971 M. Yves-Paul ROBO
1977 M. Antoine FELIX
1983 M. Serge ADELSON
1989 M. Serge ADELSON
1995 M. Serge ADELSON
2001 M. Serge ADELSON
2008 M. Serge ADELSON